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Matières et Mélanges – Propriétés et entretien

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poils-anterosLe tissage des écharpes de portage a incroyablement mûri ces dernières années. Des sergés 100% coton traditionnelles, on est passé à des jacquards – tissage qui permet la complexité et la réversibilité des motifs – créés à partir de mélanges de fibres textiles parfois surprenants. Du lin, de la soie, de la laine, du chanvre, du bambou… tout y passe !

Je vous propose donc un « petit » récapitulatif des caractéristiques de chaque fibre et de la manière d’en prendre soin. Bien entendu, chaque marque utilise des fibres qui lui sont propres, chaque tissage a ses particularités et il est difficile de faire des généralités  sur les propriétés dynamiques de chaque matière en portage…

Quelques conseils qui valent quelque soit la / les matière(s) utilisée(s) :

  • Toujours laver une écharpe neuve avant de s’en servir, par mesure d’hygiène
  • Pas d’eau de javel ou d’agent blanchissant chlore
  • Mettre peu de lessive
  • Pas d’adoucissant, cela encrasse les fibres
  • Préférer des cycles courts

On lit souvent qu’il faut faire tremper ses écharpes avant de les laver la première fois… attention, si tant est qu’il est justifié, ce conseil ne vaut que pour les écharpes 100% coton ou 100% lin. On ne trempe pas les mélanges, le risque étant de voir les différentes fibres ne pas réagir de la même manière.

On lit aussi souvent d’ajouter un demi-verre de vinaigre blanc à l’heure de trempage afin de fixer les couleurs. Rares sont les écharpes qui dégorgent, ce conseil s’applique plutôt aux rebozos. Si votre eau est particulièrement calcaire, vous pouvez ajouter du vinaigre dans le bac de rinçage de votre machine.

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Le coton

Il y a fort à dire sur « l’or blanc » et j’ai découvert des choses à la fois passionnantes et effrayantes pour la rédaction de cette page. C’est nécessairement la fibre végétale majoritairement utilisée pour la confection des écharpes de portage – et autres porte-bébés – puisqu’elle représente à elle seule plus de la moitié de la consommation mondiale de fibres textiles.

Le coton nous vient principalement des pays en voie de développement au climat tropical dont l’alternance entre saison sèche et saison humide favorise cette culture. Mais les pays industrialisés sont également de gros producteurs grâce aux machines.

Le coton blanc est le plus recherché – contrairement au jaunâtre – car il est plus facile à teindre ou à l’imprimer. L’autre critère principal de qualité est la longueur de la fibre, qui peut aller de 1 à 4 cms. Plus la fibre est longue, plus elle est fine et facile à transformer en fil. C’est l’Égypte qui produit la fibre la plus longue en moyenne.

Les avantages du coton : il est peu coûteux, doux, il est possible de l’aseptiser, il est hypoallergénique, respirant, prend facilement la teinture et est facile à entretenir.

Les inconvénients du coton : il rétrécit, les teintures ne tiennent pas toujours bien dans le temps et il est sensible à l’humidité. Mais c’est surtout d’un point de vue sanitaire et écologique que l’on peut reprocher beaucoup de choses au coton comme le montre le schéma suivant :

lavoieducoton

Une alternative, la culture biologique du coton, ne représente que 0,2% de la production mondiale. Les écharpes Bebina, Ling Ling d’Amour, Kokadi, Dolcino, Lana Suiss Design ou Didymos sont en coton bio, ainsi que certaines gammes des marques Colimaçon, Kubeba, Storchenwiege, Néobulle. Les labels Oko-Tex ou Bio Re garantissent également des conditions de culture et de récolte équitables et éthiques.

Entretien du coton : lavage à 30°, en cycle normal ou court. Essorage 800 tours / minute. Séchage à plat, à l’ombre, loin d’une source de chaleur directe, repassage 2 points ou sèche-linge possible à température modérée.

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Le Lin

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Photo : BERTFR pour Wikipedia

Probablement la fibre la plus anciennement utilisée au monde, le lin compte plus de 200 espèces, dont la plupart sont sauvages. Au XIXème siècle, Philippe de Girard invente le métier à filer le lin et la France devient le 2ème centre de filature industrielle d’Europe.

Sa culture nécessite des terres acides et profondes. Ses racines ne doivent pas rencontrer d’obstacles pour puiser dans le sol les minéraux nécessaires à sa croissance rapide. Seul l’apport en zinc est indispensable aux 1500-1600 plantes par mètre carré. C’est de plus une culture qui favorise la destruction des champignons susceptibles d’attaquer d’autres plantations.

La récolte se fait mi-juillet, après la floraison des plantes. La transformation du lin en fibres comporte de nombreuses étapes : l’arrachage, le rouissage (les microorganismes du sol secrètent des enzymes qui désagrègent les tissus qui entourent les fibres), l’enroulage, le teillage (les fibres sont extraites et on récupère les graines), le peignage puis la filature (qui ressemble à celle de la laine, avec une présentation des fibres en rubans qui sont ensuite parallélisés). Les tiges longues, conservées pour une utilisation textile, ne représente que 20 à 25% de la masse de la récolte.

Les avantages du lin : une culture assez écologique qui produit une fibre extrêmement solide, dont le pouvoir d’absorption de l’humidité est sans pareil.

Inconvénients du lin : il est peu élastique, se froisse rapidement et assez rêche.

Entretien du lin : lavage à 30°, en cycle court. Essorage 600 tours / minute. Séchage à plat, à l’ombre, loin d’une source de chaleur directe, sèche-linge possible à température modérée, le repassage 2 points conseillé avant de ranger votre écharpe pour un long moment afin d’éviter que les plis ne cassent la fibre.

Nota Bene : les écharpes 100% lin peuvent être trempée une dizaine d’heures dans l’eau avant le premier lavage afin de diminuer le rétrécissement.

.Exemples d’écharpes contenant du lin : la Paisley lin / bambou, la Second Time Travel de Didymos, la Lotus turquoise de Natibaby, la No Cotton Butterflies de Natibaby

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Le bambou (viscose)

Lorsqu’on parle du bambou dans les écharpes, il s’agit à 99% du temps de la viscose de bambou (seule Natibaby produit des écharpes en fibres naturelles de bambou à ma connaissance, et je n’ai jamais testé mais elles sont réputées pour être plus rêches et plus raides que celles en viscose).

Si le bambou est une plante aux mille vertus écologiques (croissance rapide, sans engrais ni pesticide, qui produit beaucoup d’oxygène et nécessite 4 fois moins d’eau que du coton), lorsqu’il s’agit de la transformer en textile, la chimie est de la partie. Le bambou est réduit en poudre puis reconditionné en fibres à l’aide de soude caustique, de sulfure d’hydrogène et d’acide sulfurique. Très utilisée dans l’industrie du textile, la viscose a des propriétés proches de celles du coton.

Les avantages de la viscose de bambou : fort pouvoir absorbant, très souple, très douce, légère et respirante, elle est facile d’entretien et solide.

Les inconvénients de la viscose de bambou : le procédé de fabrication peu écologique qui fait perdre au bambou certaines de ses propriétés (notamment son pouvoir anti-bactérien)

Entretien de la viscose de bambou : lavage à 30°, en cycle court. Essorage 800 tours / minute. Séchage à plat, à l’ombre, loin d’une source de chaleur directe, repassage à basse température possible.

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Exemples d’écharpes contenant de la viscose de bambou : la Lennylamb Sunrise, la Paisley Smaragd, La Oscha Surya Tiree

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Le chanvre

File:Hennepvezel Cannabis sativa fibre.jpg

Photo : wikipedia

Le chanvre et le textile, c’est une histoire vieille comme le monde, qui commence au Néolithique… je vous passe les détails jusqu’à la production industrielle d’aujourd’hui – dont la France est le leader européen. C’est une culture qui ne demande pas d’emploi de pesticides (la plante est anti-bactérienne et anti-moisissure) mais qui en revanche demande des apports en azote et en potassium.

Si sa culture est facile, en revanche son travail est difficile. Il faut de nombreuses étapes avant de transformer la plante en matière exploitable pour le tissage, notamment le rouissage qui permet de dissoudre le liant entre la tige centrale et les fibres qui l’entourent, comme le lin. Puis le tri de ces fibres, qui seront utilisées pour faire du fil (les plus fines et les plus longues en chanvre pur, les plus courtes mélangées avec du coton).

C’est la fibre végétale la plus résistante de la nature et c’est celle dont le taux d’élongation est le plus faible. Au fil des années, le chanvre ne se déforme pas. Elle est aussi reconnue pour avoir de grands pouvoirs d’absorption de l’humidité et de régulation de la température.

Les avantages du chanvre : solide et supportif, absorbe l’humidité et régule la température. Matière légère pour l’été.

Les inconvénients du chanvre : manque d’élasticité, se froisse facilement, le chanvre est assez onéreux.

L’entretien du chanvre : lavage à 30°, en cycle normal ou court. Essorage 800 tours / minute. Séchage à plat, à l’ombre, loin d’une source de chaleur directe, le sèche-linge permet de l’adoucir à température modérée, repassage 2 points autorisé.

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Exemple d’écharpe composées avec du chanvre : Indio Nature

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La soie

File:Bombyx mori Cocon 02.jpg

Photo : Wikipedia

Pour tisser les écharpes, deux types de soie sont principalement utilisés :

La soie d’élevage / naturelle, provenant de vers domestiques comme le Bombyx mûrier, que l’on élève en magnanerie. Des œufs de papillons (les « graines ») sont mises en incubateur jusqu’à l’éclosion de jeunes vers que l’on doit nourrir de manière régulière et dont on doit changer la litière durant leurs 4 mues. 8 jours après la dernière mue, la chenille entame la formation de son cocon. Avant que la chrysalide ne devienne papillon, on la tue afin de dévider son cocon sans que le fil de soie ne soit brisé.

Le soie sauvage / Tussah provient d’espèces sauvage de vers, les Tasa ou Tussor, qui se nourrissent principalement de feuilles de chêne et dont on récupère également le cocon de soie avant qu’elles ne deviennent papillons afin de le dévider.  Contrairement aux idées reçues, cette méthode de récolte nécessite le plus souvent le « meurtre » de la chenille, qui est en général ébouillantée ou asphyxiée à la vapeur, sauf pour les soies certifiées « non violent silk« . Ses filaments jaunes, inégaux sont plus grossiers, plus courts et plus résistants.

Les avantages de la soie: Tout d’abord, la soie est un isolant naturel qui permet de lutter contre le froid ou la chaleur. C’est aussi une matière hygroscopique qui peut absorber une quantité importante d’humidité. Enfin son élasticité exceptionnelle est particulièrement appréciable en écharpe pour des nouages sur mesure.

Les inconvénients de la soie : les conditions de récolte qui se font au détriment des vers, son prix et son entretien.

L’entretien de la soie : Il est délicat car la soie craint les changements brusques de température et les torsions. On recommande de laver les écharpes contenant de la soie à la main dans de l’eau tiède avec un savon spécial tissu délicat ou à très basse température en machine avec un programme délicat et un essorage à 400 tours / minute maximum. Mieu que l’essorage mécanique, on peut les essorer en les enfermant dans une serviette éponge ou n’importe quel autre linge absorbant avant de les étendre à plat, à l’ombre et loin d’une source de chaleur directe. Le sèche-linge à est bannir,  Enfin, le repassage est autorisé mais sur un tissu encore humide et à basse température.

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Quelques exemples d’écharpe composées avec de la soie : Natibaby Fumus Batu, Shui Long Celandine

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La Laine

File:Rubans de Laine.JPG

Photo : wikipedia

J’ai finalement décidé de consacrer un article entier à la laine en raison des nombreuses origines / particularités différentes des fibres. Pour l’essentiel, on retiendra que les laines changent de noms en fonction de l’animal sur lequel elle est prélevée : le mohair des chèvres tibétaines, l’angora des lapins albinos, le cachemire des chèvres, l’alpaga des lamas (entre autres) ou le mérinos de cette race créée (et maltraitée) par l’homme…  Toutes sont différentes, avec des propriétés spécifiques.

Le travail de ces fibres animales est un long processus : après la tonte / l’épilation – ou malheureusement l’arrachage – la laine est nettoyée, puis peignée ou cardée afin de former des rubans qui sont ensuite parallélisés et peignés afin d’éliminer les fibres les plus courtes. Ce n’est qu’après toutes ces étapes que la laine est transformée en fils.

On trouve 3 labels principaux dans les textiles laineux :

  • La laine certifiée Woolmark garantit qu’elle provient de la tonte d’animaux sains et vivants.
  • Le label « laine vierge » désigne un mélange avec au maximum 7% d’autres fibres.
  • Le label « pure laine » doit inciter à la vigilance car il s’agit d’une laine recyclée de moindre qualité.
Les avantages de la laine : bon isolant thermique, elle peut être aussi agréable à porter en été qu’en hiver. Certaines sont très douces, comme le cachemire.
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Les inconvénients de la laine : difficile de connaître son origine et les conditions dans lesquelles elle a été récoltée, certaines sont très chères (cachemire) et certaines piquent / grattent et sont désagréables à même la peau, son entretien délicat.
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Entretien de la laine : On choisit une lessive douce, sans enzyme, spéciale laine. On évite à tout prix les changements brusques de température, la torsion de fibres et un trempage prolongé dans l’eau qui les fragilise. À la main, on prépare à l’avance les eaux de lavage (30° maximum) et de rinçage, on essore entre des linges en éponge. À la machine, on choisit un programme laine, cycle court et on essore à 400 tours / minute maximum. Dans les deux cas, on étend à plat, loin d’une source de chaleur directe et à l’abri du soleil. Le repassage est déconseillé.
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Quelques exemples d’écharpe composées avec de la laine : à venir
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Et comme d’habitude, j’ai beaucoup écrit… alors que l’essentiel tient dans un petit tableau 😉
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11 commentaires sur “Matières et Mélanges – Propriétés et entretien

  1. Bonjour,

    Merci pour vos articles et celui-ci en particulier. J’ai une question si jamais vous avez le temps de répondre. J’habite un pays chaud (Thaïlande) où la température en journée est facilement à 30-35°C. Certes les bâtiments sont climatisés mais pour se balader avec mon bébé dehors (qui va arriver bientôt, suis enceinte de 5 mois), je voulais savoir quel tissu ou quel modèle pour tout-petit vous recommandez pour que ni mon bébé n’ait pas chaud (en écharpe ou en Didytai par exemple) ni moi non plus.
    Merci beaucoup!

    • Bonsoir Sophie,

      Je réponds un peu tardivement (vacances obligent). Le lin, le chanvre, le bambou sont des matières qui tiennent un peu moins chaud que le coton. Vous pouvez trouver des écharpes 100% lin très agréable chez Oscha par exemple. Avec un budget moindre, la Lennylamb coton / bambou a quelque chose de frais, bien qu’elle soit lourde. Vous pouvez lire l’article ici : https://auxportesdebebe.com/2012/05/26/lennylamb-rainbow-sunrise-4m60-serge/

      Vous pouvez également regarder du côté du portage asymétrique qui offre des moyens de portage moins chauds, notamment les filets comme Tonga, Suppori ou encore les Rebozo en coton ajouré 😉

      Belle fin de grossesse et à bientôt sur le site

  2. Merci! On voit toutes sortes de matières, mais il est très difficile de savoir pourquoi choisir l’une plus que l’autre. SI je me fie aux descriptions que vous faites des différentes matières, pour l’utilisation que j’en fais, un mélange soie-bambou serait dans la théorie le mélange parfait! J’adore mon sling en soie, mais je trouve qu’il lui manque un côté soyeux et chaleureux. Je me demandais si vous aviez entendu parler de ce mélange et si dans la pratique c’est aussi bien que dans la théorie. Ellevill fait un modèle soie-bambou, mais je suis dans le néant quand vient le temps de choisir une matière! J’ai fait beaucoup de recherche sur internet et à part vous, jamais les avantages des différents tissus ne sont expliqués et encore mois les inconvénients!

    • Bonsoir Diane,

      A part Ellevill que vous citez, je ne connais pas d’autre écharpe qui mélange la soie et le bambou ! J’ai eu brièvement cette écharpe entre les mains et ne l’ai pas testée (mon fils était déjà grand et le portage n’était pas en faveur à l’époque). Elle était fine, soyeuse, très douce mais aussi très glissante. Je ne sais pas ce qu’elle valait en terme de soutien, et vu le prix je comprends que vous soyez hésitante… Désolée de ne pouvoir vous en dire davantage !

  3. Pingback: Ellevill Paisley 100% coton | Aux Portes de Bébé

  4. Pingback: Porter un bambin | Aux Portes de Bébé

  5. Pingback: Sling Oscha Shui Long Moloka’i | Aux Portes de Bébé

  6. Pingback: Fidella | Aux Portes de Bébé

  7. Pingback: Le Jacquard selon Néobulle | Aux Portes de Bébé

  8. bonjour,

    merci pour cette article mais du coup j’ai pas réussi à faire mon choix lol. je cherche une echarge pour l’automne hiver assez soutenante bebe de 9 mois qui fait 11kg et super Confo.
    je compter partir sur une Yaro 60%coton et 40%chanvre. Vous en pensez quoi ? merci

Vous avez la parole !

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